SadServers : le terrain de jeu ultime pour tester vos compétences Linux et DevOps

Dans le monde du DevOps et de l’administration système, il existe deux types de profils :

  • Ceux qui lisent la documentation et espèrent ne jamais croiser une panne critique.
  • Et ceux qui préfèrent s’entraîner dans un environnement contrôlé pour être prêts le jour où le serveur tombe vraiment.

Si vous appartenez à la deuxième catégorie, SadServers est fait pour vous.

Qu’est-ce que SadServers ?

SadServers est une plateforme en ligne qui vous plonge dans de vrais serveurs Linux éphémères, chacun présentant une panne ou un dysfonctionnement bien précis. Votre mission :

  1. Vous connecter au serveur via SSH (intégré au navigateur).
  2. Diagnostiquer le problème.
  3. Trouver la solution.
  4. Vérifier votre réussite grâce aux tests automatiques.

Le concept est simple mais terriblement efficace : c’est un peu comme un LeetCode version DevOps.

Pourquoi SadServers est différent ?

Contrairement aux tutoriels classiques ou aux labs trop théoriques, SadServers vous confronte à de vrais cas pratiques, inspirés de la vie réelle. Vous y trouverez par exemple :

  • Un disque saturé à cause d’un log mal géré.
  • Un service Docker qui refuse de démarrer.
  • Une configuration réseau qui met tout par terre.
  • Ou encore un bug applicatif sournois qui empêche le service de répondre.

Bref, du concret, du vécu, du sang et des larmes (virtuelles) de sysadmin.

Les fonctionnalités qui font la différence

  • Scénarios variés : du simple bug de log au crash Kubernetes.
  • Serveurs éphémères : chaque défi lance une machine isolée dans le cloud, détruite à la fin de la session.
  • Replays et historique : vos commandes peuvent être enregistrées et rejouées pour revoir votre démarche.
  • Tableau de bord : suivez vos progrès et comparez vos performances à celles de la communauté.
  • Mode Pro : accès à des fonctions avancées (API, historique complet, VMs résumables).

En prime, l’interface est sobre, efficace et ne nécessite aucune installation particulière.

SadServers en chiffres

  • Lancement : octobre 2022.
  • Serveurs générés : plus de 500 000 à ce jour.
  • Communauté : plus de 2 000 étoiles GitHub et une activité soutenue sur Reddit et Hacker News.

C’est un projet open source qui a déjà convaincu la communauté DevOps et continue de grandir.

Un exemple concret

Imaginons que vous tombiez sur ce scénario :
Un fichier /var/log/bad.log grossit à vue d’œil et finit par saturer le disque.

➡️ En quelques minutes, vous allez devoir :

  • Identifier le coupable avec lsof ou fuser.
  • Tuer le processus fautif avec kill.
  • Vérifier que le disque respire à nouveau.

Simple, rapide, mais tellement formateur !

Faut-il essayer SadServers ?

Clairement oui si vous êtes :

  • Administrateur système et que vous voulez muscler vos réflexes.
  • Ingénieur DevOps/SRE qui prépare un entretien technique.
  • Étudiant ou autodidacte qui souhaite apprendre autrement que par la théorie.

SadServers est une sorte de salle de sport pour sysadmins : plus vous pratiquez, plus vous devenez efficace face aux incidents.

Conclusion

Avec son approche pratique, son infrastructure robuste et sa communauté active, SadServers s’impose comme une référence pour tous ceux qui veulent apprendre en cassant et réparant des serveurs.

Alors, plutôt que d’attendre le prochain incident en production… pourquoi ne pas vous entraîner dès maintenant sur SadServers ?

WinApps : utilisez Microsoft Office et Adobe sur Linux, comme si c’était natif

Vous avez déjà rêvé de lancer Word ou Photoshop sur Linux sans avoir l’impression de bidouiller avec une vieille machine virtuelle ? Avec WinApps, ce rêve devient réalité. Cette solution ingénieuse fait tourner Windows en arrière-plan et projette directement vos applications sur le bureau Linux, comme si elles étaient natives.

Qu’est-ce que WinApps ?

  • WinApps maintient une VM Windows (via Docker, Podman ou KVM) en coulisses.
  • Il extrait uniquement l’application voulue (Word, Excel, Photoshop…) grâce à FreeRDP, et l’affiche comme une appli Linux classique.
  • Intégration totale : clic droit sur un .docx et ouverture directe dans Word.
  • Le dossier Linux ~/home est accessible dans Windows (\\tsclient\\home).
  • Détection auto des logiciels Windows installés → création de raccourcis avec icônes et associations de fichiers.
  • Compatible avec la suite Office, Adobe CC, Visual Studio, Explorateur Windows, etc.

Pourquoi pas Wine ?

Wine est pratique pour de petites applis, mais instable pour Office complet ou Adobe Creative Cloud. Avec WinApps, ce sont les vraies applications Windows qui tournent, assurant compatibilité et fluidité.

Prérequis

  • Une ISO de Windows 10/11 + licence valide.
  • Un environnement de virtualisation : Docker, Podman ou KVM.
  • Minimum 4 Go de RAM dédiés à la VM.
  • Une distribution Linux standard (Ubuntu, Fedora, Arch, Debian…).

Installation étape par étape

Option 1 – Automatisée (Docker / Podman)

git clone https://github.com/winapps-org/winapps.git ~/.local/src/winapps

cd ~/.local/src/winapps

./install.sh

Suivez les instructions : ajout de l’ISO, création de la VM, installation de Windows puis d’Office.

Enfin, générez les raccourcis :

winapps install

Option 2 – Manuelle (KVM/libvirt)

  1. Créez une VM Windows avec virt-manager.
  2. Configurez le serveur RDP.
  3. Vérifiez l’accès au dossier partagé \\tsclient\\home.
  4. Clonez WinApps et exécutez install.sh.
  5. Renseignez correctement le fichier winapps.conf.
  6. Installez Office → lancez winapps install.

Astuces de la communauté

  • ⚠️ Téléchargement lent : WinApps peut prendre Tiny11 sur archive.org (2–3 h). Solution → préparer votre ISO à l’avance.
  • Erreur exit code 15 : supprimer network:lan dans winapps.conf.
  • ⌨️ Clavier forcé en US : dans la VM Windows, ajouter dans la base de registre :HKEY_LOCAL_MACHINE\SYSTEM\CurrentControlSet\Control\Keyboard LayoutIgnoreRemoteKeyboardLayout [DWORD = 1]
  • 🔑 Connexion auto à Windows : désactiver AutoAdminLogon dans :HKEY_LOCAL_MACHINE\SOFTWARE\Microsoft\Windows NT\CurrentVersion\WinlogonAutoAdminLogon = 0
  • 🖥️ Éviter le démarrage automatique de la VM : dans ~/.config/winapps/compose.yaml, remplacer :restart: on-failurepar :restart: no

Performances

  • 4 Go de RAM suffisent pour Word/Excel, mais prévoyez plus pour Photoshop ou After Effects.
  • La VM se met en veille automatiquement quand inutilisée.
  • Les applis apparaissent comme des fenêtres Linux classiques, avec intégration totale dans le bureau.

Utilisation avancée

WinApps ne se limite pas à une VM locale. Vous pouvez le connecter à un PC Windows distant via RDP pour centraliser vos applis Windows.

Conclusion

WinApps est LA solution élégante pour profiter des applis Windows lourdes (Office, Adobe, Visual Studio) directement dans Linux. Fini les bidouilles Wine ou les doubles redémarrages. Avec une VM bien configurée et quelques ajustements, vous profitez du meilleur des deux mondes : la stabilité des logiciels Windows et la liberté de Linux.

PewDiePie passe sous Linux : la fin de Windows pour le roi de YouTube ?

Ce dimanche 27 avril 2025, une vidéo a fait l’effet d’une petite bombe dans la sphère tech. PewDiePie — de son vrai nom Felix Kjellberg — a annoncé un changement radical : il abandonne Windows (et macOS) pour passer sous Linux. Oui, oui, le PewDiePie. L’un des plus grands youtubeurs du monde, avec plus de 110 millions d’abonnés, soit presque deux fois la population française. Rien que ça.

🧔 Qui est PewDiePie ?

Créateur de contenu suédois, PewDiePie s’est fait connaître dès les années 2010 grâce à ses Let’s Play (Minecraft, Amnesia, etc.) et son humour décalé. Il a longtemps été la personnalité la plus suivie sur YouTube, avec une communauté ultra fidèle et un style bien à lui. Même s’il s’est un peu éloigné des projecteurs ces dernières années, chaque vidéo reste un événement mondial.

💻 Pourquoi quitter Windows ?

Dans sa vidéo “I Installed Linux”, PewDiePie confie son ras-le-bol d’un système devenu lourd, intrusif, et encombré de logiciels inutiles. Entre les pubs pour Candy Crush, les tentatives désespérées de Bing, les vérifications à répétition pour chaque action, et les fameux bloatwares, il en a eu marre.

Même après avoir payé une licence, il a l’impression que son PC appartient plus à Microsoft qu’à lui-même.

🧘‍♂️ La libération numérique : Linux Mint → Arch Linux

Il débute avec Linux Mint, pour sa simplicité et son interface proche de Windows, parfaite pour la transition. Mais PewDiePie ne s’arrête pas là : il installe ensuite Arch Linux, une distribution minimaliste qui demande de mettre les mains dans le cambouis.

Il découvre alors la personnalisation extrême, crée ses propres icônes, configure un gestionnaire de fenêtres tiling, met en place des raccourcis clavier… bref, il s’éclate. Il décrit même l’expérience comme :

“Voir la lumière du jour après des années de captivité numérique.”

🎮 Et le gaming alors ?

Bonne surprise : PewDiePie, gamer historique, note qu’aujourd’hui, Linux permet de jouer ! Grâce à Proton (Valve) et à l’essor du Steam Deck, la compatibilité est bien meilleure qu’il y a 15 ans. Même si certains jeux ou outils restent complexes à faire tourner, il considère que la liberté gagnée vaut largement les quelques concessions.

😡 Adobe, l’expérience qui fâche

Un passage marquant de la vidéo concerne Adobe. Utilisateur de Photoshop depuis plus de 15 ans, PewDiePie doit s’en passer : les logiciels Adobe ne fonctionnent pas nativement sous Linux. Il décide donc de se désabonner… mais mauvaise surprise : des frais de résiliation anticipée lui sont facturés !
Il critique fermement ce modèle par abonnement qu’il juge injuste et rigide — un bon exemple de ce qu’il veut fuir.

🗣 Un appel à sa communauté

En fin de vidéo, PewDiePie invite ses millions d’abonnés à expérimenter Linux, à choisir une distribution, à personnaliser, à apprendre, et surtout, à reprendre le pouvoir sur leur ordinateur. Un message fort, qui pourrait avoir un impact considérable si ne serait-ce que 1 % de ses abonnés sautait le pas : cela représenterait plus d’un million de nouveaux utilisateurs de Linux.

📌 En résumé :

  • PewDiePie quitte Windows pour Linux Mint puis Arch Linux.
  • Il dénonce l’intrusivité et les lourdeurs de Windows.
  • Il découvre la liberté et la personnalisation de Linux.
  • Il critique Adobe pour son modèle d’abonnement contraignant.
  • Il encourage sa communauté à faire de même.

postmarketOS : donnez une seconde vie à vos vieux smartphones (et domptez le pingouin dans votre poche)

Introduction

Vous avez un vieux smartphone qui traîne dans un tiroir, trop lent pour TikTok, mais trop bon pour la poubelle ? Et si je vous disais que vous pouviez le transformer en mini-serveur Linux, en interface domotique, ou juste en petit compagnon de bidouille sous Alpine Linux ? C’est là que postmarketOS entre en scène, avec pour mission de dégoogliser et déjetabler le monde.

C’est aussi une excellente initiative RSE pour l’environnement : en prolongeant la durée de vie de nos appareils, on réduit les déchets électroniques et on participe activement à une tech plus durable.

C’est quoi postmarketOS ?

postmarketOS (ou pmOS pour les intimes) est un système d’exploitation basé sur Alpine Linux, conçu pour fonctionner sur les smartphones, tablettes et autres appareils mobiles. Contrairement aux ROM Android classiques, ici on est sur un vrai Linux, avec des paquets, du SSH, du XFCE ou Sway, et zéro trace de Google.

Sa philosophie ? Offrir 10 ans de support logiciel là où les constructeurs en donnent péniblement deux. Et surtout, remettre les utilisateurs aux commandes de leurs appareils.

Pourquoi c’est génial (et un peu galère) :

Les plus :

  • Basé sur Alpine Linux, donc ultra léger.
  • Accès root, SSH, package manager, tout est là.
  • Environnement de bureau customisable (phosh, plasma mobile, sway…).
  • Communauté active et documentation en progression.
  • Support de nombreux appareils Android (même très vieux !).

Les moins :

  • Pas (encore) pour tout le monde : l’installation demande un peu de bidouille.
  • Support matériel variable : caméra et modem ne marchent pas toujours.
  • Autonomie parfois réduite (optimisation en cours).

Exemple concret : Samsung Galaxy S5, le retour

Un vieux Galaxy S5 (2014) qu’on pensait bon pour la déchèterie ? Flashé avec pmOS, il devient un petit serveur domotique local : MQTT + Home Assistant en local, consultation via l’interface tactile en Phosh. Le tout en Wi-Fi, sécurisé, et sans cloud suspect.

Comparaison postmarketOS vs Raspberry Pi

CritèrepostmarketOS (sur smartphone)Raspberry Pi (toutes versions confondues)
PrixGratuit si vous recyclez un vieux téléphoneEnviron 50–100 € selon modèle et sans accessoires
FormeCompact, avec batterie et écran intégrésCarte nue, besoin d’alim, écran, boîtier…
SystèmeAlpine Linux + Interface mobile (Phosh, etc.)Raspbian ou autre distrib Linux
Utilisation cléInterface mobile, domotique légère, serveur SSHServeur, IoT, station de dev, console rétro, etc.
ConnectivitéWi-Fi, 3G/4G, Bluetooth, capteurs intégrésEthernet (modèles récents), Wi-Fi (selon version)
ÉvolutivitéLimitée (appareil soudé)Modules GPIO, chapeaux HAT, adaptabilité totale
Consommation électriqueUltra basse (batterie)Faible, mais nécessite alim externe
InstallationFlash via pmbootstrapMicroSD + flash OS (très simple)
Communauté & docActive, mais techniqueTrès vaste, parfaite pour débutants

Verdict ?

  • Tu veux recycler un vieux téléphone et t’amuser avec un Linux mobile ? 👉 postmarketOS
  • Tu veux monter un projet DIY, serveur ou bidouille matérielle ? 👉 Raspberry Pi

Mais franchement, les deux se complètent à merveille. Imagine un postmarketOS qui monitore ta serre connectée gérée par un Raspberry Pi. La boucle est bouclée.

Installer postmarketOS (en mode résumé)

  1. Installez pmbootstrap sur un PC sous Linux.
  2. Choisissez votre appareil (liste ici : devices.pmbootstrap.org).
  3. Préparez l’image avec pmbootstrap install.
  4. Flashez l’image via fastboot ou un recovery adapté.
  5. Démarrez… et savourez le manchot dans la poche.

Conclusion

postmarketOS n’est pas qu’un jouet pour bidouilleurs : selon le modèle de smartphone, il peut tout à fait remplacer un Raspberry Pi pour des usages comme l’hébergement web, l’infogérance locale, ou la domotique. Avec en bonus un écran, des capteurs intégrés, et surtout une batterie pour rester opérationnel même en cas de coupure de courant. Le tout, avec un système Linux pur et minimaliste. Que demander de plus ?